La concurrence

Photo: 123RF / Watchara Thakaew – inueng

Nous avons toutes déjà pesté contre notre concurrence. Mais sommes-nous réellement en confrontation directe avec elle ? Et que mettons-nous dans ce terme tant décrié ? La définition de la concurrence se résume à une compétition entre plusieurs personnes poursuivant le même but. Je vous invite à réfléchir sur ce que cela implique. Nous serions donc en compétition pour un objectif commun ? Quel titre, quelle victoire cherchons-nous à ravir aux autres ? Nous pensons toutes, intuitivement, à nos clients. La concurrence les capte grâce à des prix très agressifs ou propose des prestations que nous ne faisons pas ? Un rappel s’impose : notre clientèle ne nous appartient pas.

 

L’option sang froid

Il y a dix ans, un institut s’est ouvert en face du mien. En matière de visibilité, on ne voyait plus que lui. Catastrophés, mes clients assuraient alors que cette arrivée allait me faire de l’ombre. Au final, il a fermé avant moi. La raison ? Nous ne visions pas la même clientèle et nos objectifs comme nos offres étaient différents. Étions-nous réellement concurrents ? Dans un tel contexte, il convient de s’interroger sur vos priorités et vos valeurs. Si votre but consiste à créer un monopole sur l’ensemble des soins pouvant être offerts dans un institut, dès lors, tous les autres établissements deviennent vos concurrents. Mais, dans les faits, pourriez-vous réellement prendre en charge tous les clients potentiels de votre zone ? Répondre avec honnêteté permet une juste définition de ses objectifs.

 

La spirale négative, le piège absolu

Trop souvent, vous vous positionnez en rivale, convaincue que le nouvel institut sera forcément mieux et plus performant. Pour juger du succès de votre entreprise, vous avez besoin de l’évaluer par rapport au développement des autres. C’est un processus de comparaison sociale courant que vous utilisez pour mieux vous connaître, vous situer et préserver, alimenter ou améliorer votre estime de soi. Or, il existe deux types d’analyses : négative et positive. Connaissez-vous l’effet de la mare aux poissons ? Le concept repose sur le fait que l’image de soi dépend du référentiel de comparaison. Illustration : gagner 1 500 euros est une source de satisfaction si tous les collègues sont au SMIC. Toutefois, ne toucher que 170 fois le SMIC reste un échec pour un patron du CAC 40. Cela démontre que rien n’a de sens dans l’absolu. Ainsi, se mesurer aux autres instituts peut s’avérer négatif.

Si vous vous sous-estimez ou avez tendance à être pessimiste, vous penserez alors qu’ils sont toujours plus attractifs. Autant de raisons qui tendent à vous prouver qu’ils réussissent mieux que vous. Se jauger à mauvais escient à une autre professionnelle vous projette dans une spirale descendante. Celle-ci augmente votre niveau de stress et bride l’expression de votre créativité.

Voici les cinq étapes pour en sortir :

• Prendre conscience de la situation. Il est impossible de changer si vous êtes incapable d’acter que la comparaison est au centre de votre perception.

• Se focaliser sur ce que vous êtes et non sur ce que vous estimez ne pas être. Commencez par lister toutes les prestations proposées dans votre institut, avant de ne retenir que celles absentes de votre carte.

• Prendre du recul et voir le paysage avec une perspective plus large. Pensez à l’incidence qu’engendre le prix agressif de votre concurrent : augmentation du nombre de clients supplémentaires, hausse du turn-over et réduction du temps nécessaire aux soins. En accordant trop d’importance aux établissements environnants, vous oubliez votre niveau de compétence et les valeurs que vous incarnez au quotidien.

• Limiter le temps consacré aux réseaux sociaux. Combien d’heures passez-vous à analyser les cartes de soin de vos concurrentes, à scruter leurs pages Facebook ou Instagram ? Ces outils véhiculent une image censée être parfaite. Retenez que les heures passées à vous occuper des autres le sont avant tout au détriment du développement de votre entreprise.

• Mettre en place une comparaison ascendante pour reconquérir confiance et estime de soi.

 

La spirale positive, une voie vers le succès

La comparaison possède, heureusement, des vertus positives. Il suffit de l’utiliser en se concentrant sur les qualités que vous souhaitez développer. Pour ce faire, deux axes :

• Prendre des modèles qui vous tirent vers le haut.

• Trouver les pistes de progrès sur les points pour lesquels vous n’êtes pas encore au top. Formez-vous et travaillez ces faiblesses pour en faire une force. Devenez proactives en vue de progresser.

Aussi, vos personnalité, qualité d’écoute, dextérité et compétences vous rendent unique. Prendre conscience de vos atouts signifie gagner en sérénité, mais aussi être capable de voir dans le paysage professionnel plus de consoeurs que de concurrentes.

 

Florence Ansar